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Il ne suffit pas de lire l’arabe pour interpréter le Coran

Interpréter le Coran est une science qui est réservée aux imminents savants. Cependant, nombreux musulmans et orientalistes s’octroient ce droit, dès qu’il maitrise les subtilités de la langue arabe. Souvent avant de bien apprendre l’arabe. Certes, il faut savoir lire l’arabe dans le texte, mais il faut surtout le comprendre et maitriser une série de sciences sous-jacentes.

Quand Jean Messiha se projette déjà en enfer

Face à Marine le Pen, le porte de parole d’Eric Zemmour, Jean Messiha, à voulu mettre en difficulté la candidate du Rassemblement National sur la question de l’islam et l’islamisme.

Pour illustrer la violence de l’islam sur terre et ses valeurs intrinsèquement violentes, le Messi-ha lit une partie du verset 56 du chapitre 4 en arabe, puis sa traduction en français. “Certes, ceux qui ne croient pas à Nos Versets, (le Coran) Nous les brûlerons bientôt dans le Feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d´autres peaux en échange afin qu´ils goûtent au châtiment.“. Ce verset du Coran parle du châtiment de l’enfer , non pas d’une incitation à bruler les non-musulmans ici-bas.

Peut-être que monsieur Messiha est contre la croyance en un enfer de châtiment corporel, et est plus sensible à l’enfer chrétien, plus doux, qui prive les non-croyants de la vue de Jésus-Christ.

Les sciences de l’interprétation du Coran

Les savants qui ont pu devenir des références de l’interprétation du Coran (Ib Kathir, Attabari, Attabarani, Al Baydaoui etc.) ont dû maitriser un ensemble de sciences. En voici les principales :

Connaître les raisons de la révélation

On peut soutenir qu’il est impossible de comprendre et d’interpréter le Coran sans comprendre son contexte historique. Si on ne connait pas le contexte de la révélation des versets Coranique, l’interprétation ne peut être que hasardeuse. Le contexte nous est transmis par les compagnons du Prophète, paix sur lui.

La connaissance du lieu et la date de la révélation

Connaitre la date de la révélation aide l’interprète à identifier, entre autre, les versets abrogés. Cette science consolide les raisons de la révélation en ajoutant du contexte.

La science de la langue arabe dans le Noble Coran

La langue arabe est une langue vivante. Elle a évolué depuis le début de l’islam, il y a de cela 14 siècles et les anciennes significations se perdent avec le temps. Pour ne pas mal interpréter le sens des versets, il faut maitriser cette évolution et connaitre le sens des mots au VII siècle.

Cette maitrise, si elle est obligatoire pour comprendre le texte coranique, elle est également indispensable pour comprendre les avis des anciens et leurs interprétations.

La science de l’abrogé

La jurisprudence islamique s’est construite progressivement, en témoigne moultes versets du Coran. L’interdiction des boissons alcoolisées et un bon exemple de cette évolution de la législation. L’alcool est déconseillé avant d’être interdit. Aujourd’hui, si on lit toujours les versets déconseillant les boissons alcoolisées, leur sens ,n’est plus d’actualité.

La science des méthodes d’interprétation, ses types et ses origines

Il existe donc plusieurs méthodes d’interprétation qui ne sont pas antinomiques. La première des méthodes est en effet, l’explication du verset coranique par un autre verset ou par un hadith du Prophète Mohammed. Une autres méthode est l’interprétation par l’opinion. Le savant se base sur sa connaissance de la langue arabe et et les sciences citées plus haut.

La science de l’interprétation et de la pondération entre les avis

On y apprend comment choisir entre différents avis et comment maitriser les outils pour interpréter un verset ou une sourate.

La science de la déduction

On apprend via cette discipline les bases de la déduction logique. Sans cet enseignement, les interprétations peuvent souffrir de contradiction.

La science des lectures coraniques (Quiraate)

Il existe plusieurs façon de lire le Coran. A l’origine cette facilitation permettait aux différentes tribus arabe de garder leur spécificités linguistique pour la lecture du texte sacré. Cependant, dans quelques versets du Coran le sens du verset est enrichi par d’autre sens selon la lecture choisie et permit par Dieu.

La science du dessin et de l’écriture du Coran

Enfin, cette science était nécessaire aux anciens afin de bien lire le Coran. Rappelons que le Coran n’avait pas (lors de son écriture du vivant du Prophète) de Tachkile (voyelles) ni Tankite (points différenciant quelques lettres).

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