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Les Kurdes et leurs contributions historiques à l’Islam

Les Kurdes sont une population iranienne apatride comptant environ 40 millions de personnes en Turquie, en Iran, en Irak et en Syrie (classées par ordre décroissant de population).

Ce sont des musulmans qui ont joué un rôle éminent dans l’histoire de notre belle religion, l’Islam.

Les Kurdes : un groupe scientifique « transnational »

Nous pourrions fournir des noms d’individus pour mettre en valeur les contributions des Kurdes. Le plus évident serait probablement Salah ud-Din al-Ayoubi. L’héroïque libérateur d’al-Qods, admiré même par ses ennemis croisés, héros archétypal des musulmans. 

On pourrait également citer Said Nursî, la figure la plus importante du renouveau islamique de la Turquie kémaliste. Et nous pourrions également énumérer de nombreux autres noms.

Mais les noms d’ individus n’ont pas vraiment d’intérêt lorsqu’il s’agit d’évaluer les contributions de toute une ethnie. Nous devons jeter un regard plus large sur l’image collective.

Martin van Bruinessen est un anthropologue néerlandais spécialisé dans le monde de l’islam. Il montre comment l’Islam a façonné la culture kurde, et comment le fait d’être à l’intersection de toutes ces nations les a transformées en une sorte de passerelle islamique savante entre différentes cultures.

Il écrit dans Mullas, soufis et hérétiques :  Le rôle de la religion dans la société kurde , p. 37:

De nombreux Kurdes ont joué un rôle important dans l’histoire de l’islam mais cela est souvent passé inaperçu car ils ne se sont pas explicitement identifiés par leurs origines ethniques ; lorsqu’ils s’exprimaient par écrit, ils le faisaient généralement dans une (ou plusieurs) des trois langues voisines. Le Kurdistan, la région montagneuse où vivaient la plupart des Kurdes, a longtemps été une zone tampon entre les régions turcophones, arabophones et persanophones du monde musulman. Les érudits kurdes ont fréquemment servi de pont entre les différentes traditions intellectuelles du monde musulman, et les oulémas kurdes ont apporté des contributions majeures à l’érudition islamique et à la littérature musulmane en arabe et en turc ainsi qu’en persan.

Martin van Bruinessen

Les activités savantes des kurds

Une autre preuve de ces activités savantes transnationales des Kurdes se trouve dans le livre de Khaled El-Rouayheb de 2015, Islamic Intellectual History in the Seventeenth Century ; Scholarly Currents in the Ottoman Empire and the Maghreb .

El-Rouayheb, qui est professeur à l’Université de Harvard, a essentiellement écrit ce livre pour réfuter l’idée erronée selon laquelle les musulmans ont cessé de produire des travaux intellectuels en théologie philosophique après la fin du soi-disant “âge d’or”.

Ce qui frappe d’emblée le lecteur, c’est la présence des savants kurdes dans ces dynamiques intellectuelles, dans la mesure où la première partie de l’ouvrage s’intitule : Le parcours des savants vérificateurs kurdes et persans .

Que signifie le titre? Comme il l’explique dans le premier chapitre de la première partie du livre – intitulé Les érudits kurdes et la revitalisation des sciences rationnelles  – il s’agit de la maîtrise des érudits kurdes dans l’enseignement de livres complexes écrits par des érudits persans, principalement dans les sciences rationnelles.

Dans la conclusion de la première partie, nous lisons p. 58:

Les érudits kurdes qui se sont installés à Istanbul et à Damas au XVIIe siècle étaient considérés comme des professeurs de sciences rationnelles et des « livres des Perses ».

Ces érudits kurdes « transnationaux » incluent Ibrahim al-Kurani, actif à La Mecque au XVIIe siècle et auteur de plus d’une centaine de livres ; et Abu Bakr Effendi, actif en Afrique du Sud au XIXe siècle, qui a écrit un livre sur le fiqh (jurisprudence) – en fait, c’était le tout premier livre islamique en langue afrikaans. 

Encore une fois, nous pourrions facilement énumérer de nombreux noms à titre d’exemples. Dans une étude récente sur Ibrahim al-Kurani, l’auteur Naser Dumairieh ; démontre que la popularité de ces érudits kurdes s’étendait jusqu’en Indonésie.

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